De nombreuses études suggèrent que l’effet thérapeutique du massage implique le système immunitaire.

Le corps humain possède 2 types de mécanismes de défense :
1) L’immunité innée permettant la défense de l’organisme contre les agents infectieux de façon immédiate

2) l’immunité acquise permettant une protection plus tardive, mais plus durable et faisant intervenir les lymphocytes T et B.

Au cours des dernières années, le massage a gagné en popularité dans les services cliniques en raison de son applicabilité à une gamme différente de patients : enfants, personnes âgées, professionnels du sport, personnes sédentaires de tous horizons.

Malgré ce large éventail d’applications, on en sait très peu sur les mécanismes cellulaires et moléculaires derrière les effets bénéfiques du massage. En effet, le manque de normalisation, la subjectivité du patient et du praticien, ainsi que la multiplicité des tissus et organes «activés» par le massage, a fait de cette thérapie une pratique difficile à étudier.

Le massage est défini comme une manipulation mécanique des tissus corporels aux moyens de pressions rythmées.

Selon cette définition, il est raisonnable de penser que l’un des mécanismes par lesquel le massage déclenche ses effets est la stimulation du système nerveux via différents mécanorécepteurs trouvés dans la peau (par exemple, corpuscules de Meissner, de Pacin, de Merkel et de Ruffini).

La pression exercée sur ces récepteurs se traduit alors en différents effets comme la libération de messagers solubles considérées comme responsables des «effets relaxants» du massage.

Intriguée par les récentes enquêtes cliniques qui ont utilisé le massage comme moyen d’améliorer le bien-être et la réponse immunitaire, une équipe anglo-serbe a cherché à mettre en place un système expérimental permettant d’explorer les effets du massage chez la souris. Dans ce but, ces petites bêtes ont été caressées tous les jours pendant 8 jours soit avec une brosse douce, soit avec une main gantée. Différents paramètres de l’immunité ont été mesurés et comparés à un groupe de souris témoin non caressées. Les résultats montrent que les souris caressées ont une augmentation significative des lymphocytes T et elle est statistiquement significative pour le groupe caressé à la main comparé au groupe contrôle !

L’application d’une pression contrôlée pourrait ne pas être le seul paramètre qui contribue à l’effet thérapeutique du massage. D’autres facteurs comme la chaleur ou la consistance de la zone de contact (les doigts dans notre cas) pourraient jouer un rôle.

Ces résultats fournissent des preuves expérimentales soutenant l’hypothèse selon laquelle le massage pourrait avoir une valeur thérapeutique dans le traitement des déficits immunitaires et des troubles associés.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires aux niveaux expérimental et clinique pour apprécier pleinement l’application thérapeutique du massage dans le maintien d’une bonne immunité.

Source :

Major B, Rattazzi L, Brod S, Pilipović I, Leposavić G, D’Acquisto F. Massage-like stroking boosts the immune system in mice. Sci Rep. 2015;5:10913. Published 2015 Jun 5. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26046935/

Rédigé par Clelia Monteux

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